3 ans ✝︎

L’article que je vais publier aujourd’hui n’est sûrement pas le plus joyeux, ou le plus gai que je publierai. Mais j’ai envie et besoin de l’écrire et de le partager.

Aujourd’hui est un jour un peu particulier puisqu’il y a déjà 3 ans je perdais mon grand-père maternel. J’avais oublié comme ça faisait mal de perdre quelqu’un que l’on aime tant. Il était malade depuis déjà quelques temps, et était loin d’être au top de sa forme la dernière fois que je l’avais vu.. Mais je gardais espoir. Je voulais croire qu’il irai mieux car la mort d’un proche est toujours inconcevable et impossible à imaginer.

Impossible jusqu’au jour où ça nous arrive, où ça nous tombe dessus. Quelques soient les conditions: la maladie, la mauvaise santé, la bonne santé, le handicap.. On est jamais préparés à ce genre d’évènement. Bien que la mort fasse partie de la vie, on s’en passerait bien. On aimerait vivre un vie longue et paisible avec nos proches près de nous pour toujours. Malheureusement cela n’est pas possible, et on le sait. Alors on redoute le moment où ça arrivera. Le moment où on sera obligés de dire Adieu à cette personne que l’on a tant aimé, avec qui l’on s’est parfois disputés, avec qui on pouvait avoir des désaccords ou des divergences d’opinions mais que l’on a aimé par dessus tout. Parce qu’on ne se rend pas compte de la quantité d’amour que l’on éprouve pour une personne jusqu’à ce qu’elle s’en aille et nous laisse avec ce trop plein d’amour.

On est pas prêts et on le sera jamais. On est tristes et on le sera toujours. Cette absence reste, on ressent un vide, on ne réalise pas. Puis on se dit qu’on aurait dû peut être prendre plus soin de cette personne, passer plus de temps avec elle, on s’en veut et on se dit qu’il est trop tard et que c’est de notre faute.

Le temps passe mais on n’oublie pas. Soyez en sûrs, on oublie jamais.

Le jour de l’enterrement de mon grand-père, qui à ce jour fait parti des pires jours que j’ai eu a vivre, est un jour dont je me souviendrai toute ma vie.

C’était le mercredi 12 mars 2014. C’était l’anniversaire de ma grand-mère, sa femme depuis des dizaines d’année. Elle enterrait son mari le jour de son anniversaire. Il faisait étonnamment chaud pour un 12 mars, et le soleil sur mes vêtements noirs me montait à la tête, j’avais peu mangé depuis la nouvelle qui nous avait tous chamboulé. On s’est rendus à l’église, on était soudés, il y avait du monde, l’église était pleine. Ma cousine et moi on avait toutes les deux écrit un texte pour le lire devant tous le monde. Ma cousine a lu le sien en premier, elle parlait des bons petits plats que mon grand-père faisait. On voulait se remémorer des souvenirs et même essayer de faire sourire les plus touchés d’entre nous. Quant à moi, j’ai décidé de raconter une anecdote que toute ma famille connaissait déjà par coeur. J’avais peur de lire devant tout le monde, à coté de son cercueil qui était orné d’une magnifique composition florale blanche et de son portrait où ses beau yeux bleus ressortaient, car je craignais de fondre en larmes et de ne pas réussir à lire ce que j’avais écrit en entier. Mais j’y suis allée, j’ai pris sur moi et bien que ma grand-mère, mes tantes et ma maman étaient devant moi en train de pleurer j’ai commencé à lire :

“Papi, mon cher petit Papi,

Si on est tous là aujourd’hui c’est pour pouvoir te dire au revoir une dernière fois. Tu nous manque déjà beaucoup tu sais, ça va être dur ici sans toi à nos côtés.

On a passé tellement de bons moments, se sont des souvenirs qui resteront à tout jamais gravés dans nos mémoires et nos coeurs, comme toi papi. Il y a tellement de choses à raconter. Mais en ce qui me concerne il y a cette petite anecdote dont je suis certaine tu te souviens encore.

La fois où tu me gardais et tu m’as fait promettre de ne pas bouger le temps que tu ailles chercher des légumes au garage pour nous faire à manger à tous les deux. Mais à quoi bon faire promettre quelque chose à un enfant qui ne pense qu’à s’amuser ? Tu avais à peine franchis le seuil de la porte que j’étais déjà montée dans une chambre me cacher sous la couverture. A ton retour tu m’as appelé une bonne dizaine de fois, me cherchant partout dans la maison. Mais apparemment j’avais la meilleure des cachettes puisque tu ne me trouvais pas, ce qui m’amusait beaucoup, mais toi moins. Tu es parti à pieds dans Florenville pour me chercher, mais aucune trace de ta blondinette. Inquiet tu es rentré à la maison. Et là, une merveilleuse idée t’es venue : tu es allé dans l’entrée, en bas des escaliers, et très fort, tu as dit “Maÿliss, vient chercher des bonbons !”. Pensant à une récompense pour ma super cachette, j’ai accouru. Mais la seule récompense que j’ai eu c’est la fessée de ma vie. Tu vois, je m’en souviens encore ! Qu’est-ce qu’on a pu rire à chaque fois que tu le racontais.

Avant de te dire au revoir je tenais à te remercier Papi, à te remercier pour ces 15 merveilleuses années passées à tes cotés. Merci pour toutes ces fois où tu m’as emmené à l’école et toutes celles où tu m’y as ramené parce que j’avais oublié quelque chose. Je t’entends encore répéter que ce n’est pas possible d’être tête en l’air comme ça.

Tu vas me manquer Papi, tu vas tous terriblement nous manquer.

Je t’aime très fort,

Adieu mon Papi. ♡”

Et je suis retournée à ma place, à côté de mon cousin et j’ai pleuré. Puis on est partis de l’église. On a remercié les gens d’être venus et on s’est dirigés vers le cimetière.

Le soleil était lourd et cognait très fort, je me sentais mal. Une fois arrivée devant le trou dans lequel il allait finir, on est tous venus déposer une rose blanche sur son cercueil. Au moment où ma grand-mère devait poser sa rose rouge elle s’est effondrée et elle a énormément pleuré. C’était touchant, car toute ma vie je les avais vu se disputer pour un oui ou pour un non. Mais elle venait de perdre l’amour de sa vie, le père de ses enfants.

A la fin de l’enterrement, quand ils ont mis le cercueil sous terre nous sommes tous partis. La famille la plus proche s’est retrouvée chez mes grands-parents et pour faire plaisir à ma grand-mère on a commandé des pizzas et on a tous mangé chez elle.

Je ne me souviens pas réellement de la suite, ni même du moment où je suis rentrée chez moi. Je me souviens que c’était une longue journée, très éprouvante.

Et aujourd’hui, ça fait déjà trois ans qu’il nous a quitté. Et une chose est sûre, la mort n’efface pas l’amour. Je pense toujours autant à lui, et je l’aime toujours autant. J’espère que n’importe où il est il est fier de moi et de ce que je deviens.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=DeLUGn7qYP8&w=560&h=315]

A bientôt pour un article plus léger.. △▴

©Ladameauxtriangles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *